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Tous les segments du voyage d’affaires, du transport à l’hébergement, sont désormais concernés par le « low cost ». Les voyageurs sont-ils prêts à renier sur le confort et le service pour payer moins cher ?

 Avion, et maintenant le long courrier ?

Les compagnies low cost ont transporté 1,3 milliard de passagers en 2018 dans le monde, sur un total de 4,3 milliards (+6,1%/2017). C’est sur le Vieux Continent qu’elles sont désormais les plus dynamiques, captant 36% du trafic ; contre 30% en Amérique du nord. Cette croissance est en partie dopée par les voyageurs d’affaires de plus en plus nombreux à voler sur les compagnies à bas coûts, qui ont adaptées leurs offres (modification du billet possible, embarquement prioritaire…) pour les séduire. Chez easyJet France, ils représentent 25% des passagers. Le low cost tente désormais de s’imposer sur le long courrier, avec des résultats contrastés. Créée en 2016, la française French Bee  (groupe Dubreuil, propriétaire d’Air Caraïbes) se positionne sur quelques lignes spécifiques (île de la Réunion, Polynésie). Level (filiale de British Airways) décolle depuis l’an dernier d’Orly, vers les Antilles, New York et Montréal. Il y a  surtout Norwegian qui propose une dizaine de lignes vers les Etats-Unis depuis Roissy, mais dont la situation financière est incertaine. D’autres s’y sont d’ailleurs cassé les dents, comme Primera Air qui a stoppé ses activités quelques mois après ses premiers vols. Cette nouvelle concurrence (vols transatlantiques à partir de 129 € l’aller simple) oblige les transporteurs traditionnels à réagir. Air France, qui vient de mettre fin à Joon, commercialise désormais un prix d’appel sans bagage en soute pour ses vols vers les Etats-Unis. Alors que XL Airways (Antilles, Réunion, New York, San Francisco, Los Angeles…) fera de même en mars.

Train, la SNCF à pleine vitesse 

Si la SNCF a mis fin à l’aventure IDtgv  en 2017, c’est pour mieux développer son offre low cost sous la marque Ouigo. D’abord concentrée sur les gares périphériques parisiennes (Marne-la-Vallée Chessy, Massy…) pour rejoindre les grandes villes de province, cette offre née en 2013 se développe peu à peu au départ des gares parisiennes. Les trains bleu et rose partent désormais de Montparnasse, Paris-Est et depuis décembre de la gare de Lyon, avec des prix à partir de 16 € l’aller simple (contre 10 € depuis les gares périphériques) ; en attendant un déploiement dans d’autres gares. A bord, les rames ont été densifiées, la voiture-bar a été supprimé, le bagage «imposant» est payant…  La SNCF espère faire voyager 25 millions de passagers par an sur Ouigo à l’horizon 2020, soit plus de 20% du trafic TGV. Les trains à bas prix devraient séduire certains voyageurs d’affaires, même s’ils sont uniquement accessibles sur le web et que pour la clientèle  «haute contribution», le transporteur développe parallèlement l’offre « InOui » basée sur le confort et le service (prises électriques, wifi-gratuit, restauration…). Le réseau international s’ouvre lui aussi doucement au low cost. Avec IZY de Thalys, Bruxelles est accessible depuis Paris (1 à 2 fois par jour) à partir de 10 €. Et le concessionnaire du tunnel sous la Manche  a annoncé son désir de s’ouvrir au low cost.

Location de voitures, l’émergence de nouvelles marques

Le low cost représente déjà environ 10% du marché européen de la location de voitures. Face à l’arrivée de nouvelles enseignes et au développement de la location entre particuliers, tous les loueurs internationaux – pour qui les entreprises représentent 40 à 50% de l’activité – ont développé ou racheté des marques. Objectif: s’imposer sur le marché des petits prix, sans dégrader leur image « Premium ». Hertz parie sur Firefly présent dans une dizaine d’aéroports français, mais aussi sur Thrifty. Europcar a racheté l’espagnol Goldcar en 2017 (repositionnant son autre marque InterRent sur le marché intermédiaire) quant Sixt déploie Flizzr de manière confidentielle. Enfin, Avis compte sur sa marque Budget et Enterprise Rent a Car sur Alamo. Pour afficher des prix inférieurs de 25 à 30%, les loueurs ouvrent des agences en périphérie des aéroports, limitent les gammes de véhicules, obligent à une restitution dans la station de départ, facturent les options plein pot. Quant à la commercialisation, elle se fait en direct ou via les brokers, comme Auto Escape (groupe Expedia) ou BSP Auto. Si cette offre « low cost » est adapté au marché «loisirs», les voyageurs d’affaires se laissent de plus en plus séduire, en particulier les professions libérales et les cadres des PME. En revanche, dans les grandes entreprises, les accords directs signés avec les loueurs (tarifs négociés, services multiples…) rendent le low cost encore anecdotique.

Hébergement, et pourquoi pas l’auberge ?

A côté de l’hôtellerie économique – type F1 (ex Formule 1) d’Accorhôtels et Première Classe (Louvre Hôtels) – qui s’est fortement implantée dans les périphéries et les zones d’activités, l’hébergement low cost trouve doucement sa place dans les centres urbains, sous une nouvelle forme : l’auberge de jeunesse, rebaptisée « hostel » ! Aux établissements pour routards des années 70 succèdent des auberges 2.0 dans l’air du temps ; à l’image du Yooma décoré par Daniel Buren à Paris. A défaut d’être installées dans les beaux quartiers trop chers, ces auberges ouvrent généralement dans des lieux moins chics mais plus « trendy ». Plusieurs groupes surfent sur cette nouvelle forme d’hébergement, comme Generator ou Saint Christopher’s Inn présents dans de nombreuses capitales européennes, dont Paris. Les hôteliers traditionnels s’y mettent aussi; à l’instar d’Accorhôtels qui développe l’enseigne Jo&Joe (elle ouvre à Paris/Gentilly en mars).  Les prix d’appel concernent des chambres communes (façon dortoirs améliorés) et sont réservés aux plus jeunes. Mais les voyageurs d’affaires y trouvent leur compte, avec des chambres privées. C’est l’occasion de faire des économies et de «rester jeune», en acceptant une ambiance plus communautaire !

 

 

 

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