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Malgré les incertitudes quant au prix du pétrole et à l’éventuel ralentissement économique, les experts s’accordent à dire que le marché du voyage d’affaires sera dynamique en 2019 et que les prix, tant pour l’aérien que l’hôtellerie, vont augmenter…

1 – Une économie mondiale en forme

Même s’il a légèrement revu ses prévisions à la baisse, le FMI espère une croissance mondiale de 3,7% cette année, et autant en 2019. De quoi booster les voyages d’affaires ! Les dépenses liées à l’ensemble des déplacements professionnels (aérien, hôtel, transport terrestre, restaurants…) ont atteint le chiffre record de 1300 milliards de dollars dans le monde en 2017. Cela représente une forte augmentation de 5,8% par rapport à 2016  selon le rapport annuel de GBTA (Global Business Travel Association), dopée par une économie mondiale dynamique, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Uniquement en Europe occidentale, les voyageurs d’affaires ont dépensé 310 milliards de dollars en 2017, en hausse de 4%. La progression atteint même 5,6% en Allemagne et 3,9% en France. Les prévisions pour 2018, qui seront confirmées dans quelques semaines, font état d’une nouvelle hausse des dépenses mondiales de 7,1% en 2018. Elles pourraient atteindre 1700 milliards de dollars en 2022, soit une envolée de 30% en 5 ans !

2 – Des dépenses en hausse pour 2019

Pas simple pour les prévisionnistes de dégager des tendances pour 2019. Les analystes tablaient encore il y a quelques semaines sur une hausse du prix du pétrole qui devait surenchérir les tarifs des voyages, mais ces derniers refluent depuis quelques semaines. L’instabilité politique au niveau international (en particulier le Brexit, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et désormais le conflit social en France) mais aussi la sécurité des voyageurs au cœur des préoccupations des entreprises, jouent également un rôle important dans les fluctuations tarifaires et impactent les politiques voyages. Pour autant, les analystes considèrent  que le marché du voyage d’affaires progressera encore sensiblement l’année prochaine. GBTA prévoit ainsi une croissance des dépenses professionnelles comprise entre 4 et 6% en France pour 2019, portée à la fois par une progression des déplacements et par une envolée des tarifs.

3 – Des tarifs aériens qui prennent de l’altitude

Le trafic aérien mondial est dynamique, avec une hausse attendue de plus de 6% en 2018, à tel point que l’offre ne peut pas toujours satisfaire la demande et que les taux de remplissage des avions atteignent des records (93% chez Easyjet en 2017, 87,2% chez Air France-KLM) ! Associée à une segmentation toujours plus pointue de l’offre et une multiplication des suppléments (comme le bagage en cabine désormais payant chez Ryanair), cette forte demande devrait se traduire par une hausse des prix en 2019, de l’ordre de 1 à 3% selon les études. En Europe occidentale, elle s’annonce encore plus spectaculaire (+4,8%), et même + 6,9% en France. La forte concurrence entre transporteurs traditionnels et low cost ne suffira pas à stabiliser les tarifs. En Asie-Pacifique aussi, dopée par la Chine qui deviendra le premier marché mondial du transport aérien en 2020, la hausse sera sensible (+3,2%). L’Inde est également en pointe (+7,3%) quand le Japon est l’exception (-3,9%) du fait de l’augmentation des capacités en prévision des Jeux Olympiques de 2020.  Enfin, en Amérique du nord, la hausse devrait être plus «raisonnable», aux alentours de 2%. Reste une inconnue majeure qui pourrait fausser les prévisions: l’évolution du prix du pétrole.

4 – Des chambres d’hôtels plus chères

Malgré le développement des hébergements alternatifs de type Airbnb, la demande hôtelière ne cesse de croître dans le monde, dépassant très souvent les capacités d’accueil qui progressent plus modérément. Si l’on y ajoute une tarification devenue dynamique et la multiplication des prestations optionnelles (et payantes) permettant de personnaliser l’expérience-client, les prix de l’hébergement devaient augmenter en 2019, dans des proportions comprises entre 3 et 4%. En Asie-Pacifique, les prix s’envoleront de plus de 5%, à l’exception du Japon.  Même tendance en Europe occidentale (+6%) et notamment en France et en Allemagne où on annonce une flambée des tarifs de près de 7%, quand les prix en Europe de l’est devrait baisse de 2%. Aux Amériques, la situation est contrastée. En Amérique latine, les prix devraient baisser de 1,5% (à l’exception du Chili, du Pérou et du Mexique) quand ils continueront d’augmenter de 2 à 3% en Amérique du nord. Dans certaines villes des Etats-Unis, les voyageurs pourraient même être confrontés à des problèmes de disponibilités à certaines dates. Le Moyen-Orient est à contre-courant. L’offre excédentaire et des facteurs géopolitiques pourraient se traduire par une baisse des tarifs…

 

 

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