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Quel voyageur d’affaires n’a jamais rêvé de profiter d’un déplacement professionnel pour prolonger son séjour à titre privé ? Faire du tourisme pendant son voyage d’affaires est une pratique répandue, mais elle ne dispose pas encore d’un cadre strict au sein des entreprises. Tour d’horizon de cette tendance avec Michel Dieleman, président de l’AFTM (Association française des travel managers).

Quelle pratique pour le « bleisure » ?

Ce terme à la mode chez les voyageurs d’affaires est un néologisme qui provient de la contraction des mots « business » (affaire) et « leisure » (loisir). Autrement dit, il s’agit de concilier les aspects professionnels d’un déplacement avec une partie dédiée au loisir. Selon une enquête de l’AFTM auprès d’un millier de voyageurs, plus de 40 % ont déclaré avoir déjà poursuivi un déplacement professionnel par un séjour personnel. Une tendance largement répandue chez les moins de 30 ans, selon Michel Dieleman : « Assez naturellement, le voyageur, avec l’émergence des outils de communication numériques, mais aussi de l’économie de partage, recherche plus de liberté en dehors des canaux officiels de son entreprise ». Une liberté qui n’est pas sans poser de questions en termes de sécurité pour le voyageur.

Une zone grise en matière de responsabilité

Et s’il arrive quelque chose au voyageur pendant la partie loisir de son voyage, qui est responsable ? De nombreuses entreprises se retrouvent confrontées à cette question. « L’entreprise est responsable de son voyageur dès que ce dernier quitte son domicile jusqu’à son retour, explique Michel Dieleman. Pendant la partie « loisir » du déplacement pro, il n’est plus soumis à la politique voyage, et donc aux canaux de réservation « officiels » de l’entreprise. Dans la majorité des cas, celle-ci perd le contrôle de son collaborateur. » Pour autant, elle en reste responsable en cas de problème majeur, ce qui ne doit pas être négligé. Et si, comme le rappelle Michel Dieleman, « certaines mesures de « dégagement de responsabilité » peuvent être mises en œuvre avec les juristes de l’entreprise », il est préférable d’instaurer initialement un cadre précis autour de cette pratique.

Le bleisure, bénéfique à condition d’être encadré

Les entreprises pourraient être tentées, dans cette zone floue de responsabilité, de ne pas autoriser le bleisure. Au lieu de s’y opposer, il veut mieux, pour le voyageur et son entreprise, encadrer cette pratique. « Le bleisure peut être bénéfique économiquement parlant pour l’entreprise et apporter au voyageur une motivation supplémentaire », explique Michel Dieleman. La condition ? « Il est nécessaire, pour l’entreprise, d’adapter ses outils de gestion des voyages (demandes et notes de frais), afin de pouvoir maîtriser ces nouvelles offres, tout en modifiant en conséquence sa politique voyage et en révisant aussi les contrats d’assurance (extension de la couverture à l’ensemble du séjour). » De sages conseils à suivre par les entreprises concernées par le bleisure. Cette tendance n’est certes pas nouvelle, mais a de beaux jours devant elle.

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