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Air France/KLM a adopté la nouvelle norme de distribution NDC depuis le 1er avril. C’est l’occasion de faire le point sur son déploiement, et les interrogations qu’elle suscite.

 

Qu’est ce que c’est ?

La norme NDC (pour New Distribution Capability) est un nouveau standard informatique développé par l’Association Internationale du Transport Aérien (Iata). Elle permet aux compagnies aériennes de proposer aux distributeurs et aux entreprises des contenus plus riches mêlant textes, images et vidéos. De quoi permettre aux agences et voyageurs – notamment d’affaires – d’y voir plus clair dans une offre devenue touffue. La nouvelle norme favorise également la mise en avant des services ancillaires (accès aux salons, choix du siège, repas amélioré…) et in fine de les réserver plus facilement. Ces ventes complémentaires ont généré un chiffre d’affaires de 82 milliards de dollars en 2017 pour les 184 plus grosses compagnies aériennes !

Où en est-on ?

Six ans après son lancement, la norme NDC avance à tâtons. Mais la montée en puissance se confirme depuis mi-2017 et elle devrait définitivement s’imposer en 2020, au fur et à mesure que les compagnies aériennes l’adoptent et que les acteurs de la distribution, en particulier les GDS (Amadeus, Sabre, Travelport), les outils de réservation destinés aux grandes entreprises (Self Booking Tools) et les Travel Management Companies (TMC) comme Havas Voyages, décrochent la certification NDC et intègrent ces contenus enrichis. Pour l’heure, une cinquantaine de compagnies aériennes ont commencé à déployer la nouvelle norme, d’American Airlines à Lufthansa en passant par IAG (British Airways, Iberia). Air France a franchi le pas depuis le 1er avril.

Qu’est ce que çà change ?  

Plus qu’une norme technique, NDC doit permettre à terme aux compagnies de mieux personnaliser leurs offres, en suggérant par exemple des options selon les préférences des voyageurs et leurs achats passés. C’est aussi une manière pour chaque transporteur de reprendre la main sur sa distribution en contournant les GDS considérés comme trop coûteux et en proposant leurs offres directement aux TMC et aux entreprises via une API, à la manière des circuits courts dans la grande distribution. Mais attention : ces GDS, en agrégeant l’offre et en facilitant les comparaisons, sont un rouage incontournable de l’industrie du tourisme. Ils travaillent donc à regrouper au plus vite les flux NDC des différentes compagnies aériennes.

 Combien çà coûte ?

Rien en théorie, car NDC n’est qu’une norme de distribution. En réalité, tout dépend de la stratégie commerciale de chaque compagnie. Afin d’inciter les TMC et voyageurs d’affaires à privilégier leurs propres canaux NDC, certains transporteurs ont mis en place des frais pour chaque billet d’avion réservé via un GDS (de l’ordre d’une dizaine d’euros par vol), qui se répercutent théoriquement sur le prix final. C’est le cas de Lufthansa ou de British Airways. Les deux compagnies ont néanmoins négocié des accords avec certaines TMC et grandes entreprises afin de les exonérer de ces «frais». American Airlines a fait un choix différent en versant 2 $ aux TMC qui réservent sur ses propres canaux plutôt que via un GDS.

Quelle stratégie chez Air France/KLM ?

Air France/KLM a annoncé initialement une surcharge de 11 € par vol (22 € l’A/R) pour chaque réservation effectuée via un GDS à compter du 1er avril. Mais la compagnie a récemment signé des partenariats avec les GDS et certaines TMC – dont Havas Voyages – afin de les exonérer de cette surcharge. Pour l’heure, le prix des billets est donc le même, quelque soit le canal de réservation. Mais cette situation n’est vraisemblablement que provisoire, le temps d’inventer un nouvel écosystème.

 

 

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